Nous connaissons tous l'histoire de la sœur de la cousine
de je-ne-sais-plus-qui, qui a suivi un super régime juste avant une soirée
d'anciens du lycée, a perdu des tonnes, sans jamais les reprendre, puis qui a
gagné au loto et vécu heureuse pendant très longtemps.
Malheureusement, dans 95 % des cas, l'histoire est
légèrement différente : quelqu'un a commencé un régime, puis s'est découragé et
l'a abandonné ; ou quelqu'un a commencé un régime, a perdu du poids, puis a
repris du poids et, finalement, s'est découragé et a abandonné.
Par la suite, ces personnes reprennent un régime différent,
mais répètent le même cycle : privation, découragement, démoralisation. On
estime effectivement que 95 % de ceux qui perdent du poids pendant un régime
finissent par le reprendre.
La plupart des régimes sont basés sur la privation.
Nous
nous privons, nous nous refusons quelque chose : des sucres, du gras, de la
viande rouge, du grignotage, des pizzas, un petit déjeuner, du chocolat, etc.Les régimes par privation, malheureusement, ne fonctionnent
pas et ce, pour trois raisons.
Premièrement, notre corps lutte contre eux.
Deuxièmement,
notre cerveau lutte contre eux.
Et, troisièmement, notre environnement
quotidien lutte contre eux.
Des millions d'années d'évolution ont rendu notre corps bien
trop malin pour se laisser berner par notre classique : "Je prendrais juste une
petite salade." Notre métabolisme est bien plus intelligent que cela.
Lorsque nous lui fournissons beaucoup de combustible, de
nourriture, il fonctionne à plein gaz comme une chaudière et brûle toutes nos
réserves de gras bien plus rapidement. Lorsque nous lui apportons moins de
nourriture à brûler, la chaudière se met en veille.
Elle brûle beaucoup plus lentement et plus efficacement.
C'est ce système efficace qui à permis a nos ancêtres de survivre à bien des
famines ou de rudes hivers.
Ce constat n'aide malheureusement pas la personne confrontée
chaque jour à un problème de régime. Lorsque vous mangez trop peu, votre corps
se met en mode "Réserve" qui rend difficile la combustion de cette
énergie, de ces kilos en trop.
Ce type de perte de poids ne se fait pas non
plus machinalement. Ce serait plutôt le contraire : comme pousser son rocher de
Sisyphe jusqu'au sommet d'une colline a chaque seconde de chaque jour.
INFORMATIONS
A partir de combien de kilos perdus notre corps se
met-il en
mode Réserve ?
II
semble possible de perdre pratiquement une demi-livre (250 g)
par semaine sans déclencher un ralentissement de notre métabolisme. Pour
certaines personnes, ce seuil est même plus élevé, mais tout le monde
peut
perdre environ 250 g par semaine en restant en mode "combustion
maximale".
Un seul problème : pour la plupart d'entre nous, 250 g
par
semaine, c'est insuffisant. En matière de perte de poids, nous
fonctionnons en
tout ou rien.
C'est pourquoi certains
essaient de maigrir beaucoup, mais
finissent par ne rien perdre du tout.
Passons maintenant du côté du cerveau.
A force de nous priver
en toute conscience de quelque chose encore et encore, il est fort probable que
nous finirons par être en manque.Peu importe qu'il s'agisse d'affection, de vacances, de télévision
ou de notre plat préféré, la privation n'est pas une grande source de joie dans
la vie.
Pourtant, la première chose que la plupart des gens au régime font est
justement de se priver de ce pêché mignon qui les réconforte tant.
C'est sans doute la meilleure recette pour courir au désastre
alimentaire. Tout régime reposant sur la privation de votre aliment préféré ne
peut être que temporaire.
Des que cette diète est finie (en raison d'un
trop-plein de frustration ou de sa réussite temporaire), vous vous retrouvez a dévorer
ces mêmes gourmandises par vengeance. Étant donné tous les sacrifices que vous
venez de faire, vous aurez un sacré retard à rattraper.
PLUS GRANDE EST LA PRIVATION, PLUS DURE SERA LA CHUTE
En matière de perte de poids, impossible de se fier
uniquement à son cerveau, a son « contrôle cognitif », mieux connu sous le nom
de volonté.
Lorsque l'on prend plus de 200 décisions par jour concernant son alimentation,
il est forcement impossible qu'elles soient aussi parfaites que les conseils
d'un nutritionniste.
Des millions d’années d’évolution et d'instinct nous disent
de manger aussi souvent et autant que
possible.
La plupart d'entre nous n'avons tout simplement pas la force mentale nécessaire
pour admirer une assiette de petits gâteaux en répétant "Non, je n'en prendrai pas. "Non, je n'en
prendrai pas..." sans y toucher.
Le plus souvent, le « non » se transforme au bout d'un
moment en « peut-être », jusqu'à devenir un « oui ».
Nos corps comme nos esprits
luttent contre les privations.
Pire encore, notre environnement quotidien est
configuré pour prendre au piège tout début de tentative d'efforts que nous réussissons à esquisser. Il y a les bonnes odeurs émanant des fastfoods à chaque coin de
rue, le doux réconfort que procurent les publicités culinaires a la télévision,
les grandes surface et leurs abondances, les goûters et snacks "mieux-que-faits-maison" à deux sous distribués par les
machines ou dans les stations essence.
Des millions d’euros de projets marketing nous vendent les
aliments parfaits pour satisfaire nos grands cœurs et nos gros bidons. Avant de
blâmer ces machiavéliques commerciaux, voyons toutefois les pièges que nous
nous tendons a nous-mêmes.
En famille, nous servons de belles portions pour nous
assurer que personne ne sortira de table la faim au ventre. Nous laissons avec
amour des biscuits pré-emballés a nos bambins pour qu'ils puissent goûter à
leur retour de l'école (et nous en mettons d'ailleurs aussi quelques-uns de
côté pour nous).
Nous apprécions aussi les grandes assiettes, comme au
restaurant, car on peut y empiler tant de choses.
Nous préférons réchauffer une
part de tarte aux pommes aux micro-ondes alors même qu'une pauvre pomme esseulée
est en train de flétrir dans le bas du frigo.
Si l'on exclut toutes nos bonnes intentions, nous sommes
notre ennemi public N° 1 dès qu'il s'agit de piéger nos divers régimes et la volonté
de tous dans la famille.
Bonne nouvelle cependant : ces mêmes leviers quasi
invisibles qui nous amènent à prendre progressivement du poids peuvent être actionnés
en sens inverse pour nous aider, tout aussi imperceptiblement, à perdre peu à
peu quelques kilos.
Si nous n'avons pas le sentiment de manger un peu moins que
nécessaire, nous ne nous sentons pas frustrés. Si nous ne nous sentons pas
frustrés, nous risquons moins de rechuter dans une voracité qui compenserait
tous nos renoncements antérieurs.